J’ai commencé comme sculpteur traditionnel en créant des sculptures en bois classiques sur un socle. Au fil des années, j’ai découvert l’arbre comme matériau en lui-même, ensuite, le tronc mort et, enfin, l’arbre vivant. C’était par hasard que je me suis aperçu, il y a quelques années, que mes sculptures en bois déployaient un effet différent lorsqu’elles étaient placées dans l’eau: sous la poussée d’Archimède, une partie flotte sous la surface de l’eau tout en restant visible. L’eau entraîne une réfraction de la lumière qui crée, à son tour, une nouvelle forme de la sculpture. En photographiant mes sculptures flottantes en bois («trains de bois») par-dessous de la surface d’eau, les réfractions et réflexions peuvent être visualisées. C’est grâce à ces découvertes que j’ai commencé à percevoir l’eau comme matière de création artistique.
Ces découvertes m’ont incité à regarder la nature de plus près: elle utilise la chaleur et le froid comme outil de sculpteur. Il existe un soi-disant point triple, soit un point auquel la pression et la température font que les trois phases de l’eau coexistent presque dans le même temps: elle est liquide, solide (glace) et gazeuse (vapeur, brume).
J’ai retenu ces expériences dans mon projet giSCHt: à des températures inférieures à zéro, soit dans des conditions de gel persistant, j’ai, sur plusieurs étapes, pulvérisé de l’eau sur le cerisier mort en utilisant un nettoyeur haute pression à eau chaude. Ainsi, tout était recouvert d’une carapace de glace.