Madame Bösenkopf, nous vivons à une époque frénétique. Des phases de détente doivent être prévues de manière ciblée. Pourquoi le nettoyage, justement, semble-t-il proposer cela chez beaucoup de gens?
Dans le stress du quotidien, les gens recherchent des possibilités de détente. Ils pâtissent des exigences croissantes provenant de la vie professionnelle et privée, de la pression du temps et du désir de se réaliser eux-mêmes entre tous ces défis. C'est ici que le nettoyage joue un rôle. Des neurobiologistes ont découvert que notre cerveau produit des substances corporelles de récompense lorsqu'il peut agir de façon routinière. C'est exactement ce qu'offre le fait de nettoyer. Elle se concentre sur l’instant, notre esprit s'éclaircit et nos efforts sont en outre récompensés par une maison propre. En nettoyant, nous sommes indépendants et nous pouvons organiser le travail à notre guise – l’effort neuronal est faible et notre cerveau se détend. Pour de nombreuses personnes, balayer, aspirer etc. devient donc un rituel personnel de détente.
Mais nettoyer n’est pas synonyme de détente pour tout le monde, même si presque tous les participants à l'étude (92 %) accordent de l’importance à une maison propre. Comment les gens, du point de vue de la psychologie, peuvent-ils éprouver de la motivation en regard du nettoyage?
Notre mental vis-à-vis du nettoyage détermine si nous percevons cette activité comme un mal nécessaire ou comme occasion de nous détendre. Pour les personnes récalcitrantes au nettoyage, il peut être utile de considérer le nettoyage comme un défi positif qu’il faut affronter avec sérénité. Avec un peu d’entraînement, elles peuvent elles aussi trouver l’accomplissement de soi dans le ménage et profiter de la propreté comme une récompense bien méritée. Celui qui parvient à accepter pleinement l'activité, peut occulter les problèmes et accorder toute son attention à l’action actuelle. De nombreuses personnes qualifient cet état de nettoyage méditatif, capable de lutter contre le stress et l’épuisement.
De manière générale, la motivation envers le nettoyage peut être très différente. Les uns y trouvent un effet relaxant, pour les autres, la propreté est le principal stimulant. Cette activité est aussi rassurante pour certaines personnes car en contrôlant leur monde extérieur, elles ont le sentiment de bien gérer leur propre «monde intérieur».
Lorsque l'intention de nettoyer se heurte à la frénésie de la vie quotidienne, le sol sale devient rapidement un symbole et un facteur de stress supplémentaire. Que pouvons-nous faire si la motivation est certes grande, mais le temps presse?
Des enquêtes montrent que le stress n’est pas souvent causé par des contraintes externes, mais provient à 70 % de la personne elle-même. C'est ici que notre personnalité est déterminante. Les personnes résilientes qui ne considèrent pas le stress comme un fardeau mais comme un défi quotidien peuvent facilement résoudre le dilemme: elles se concentrent sur ce qui est faisable et ne gaspillent pas d’énergie pour l’autocritique si elles ont moins de temps à consacrer à leur ménage en raison de contraintes professionnelles.
Quiconque se laisse stresser par le désordre à la maison ne devrait pas se plaindre mais plutôt adopter une approche stratégique et imaginer quelles tâches peuvent être accomplies en combien de temps. Cette approche transforme le nettoyage en une expérience positive.